Le gel-dégel. C’est le premier facteur de vieillissement dans la région. L’eau pénètre dans la terre cuite poreuse, gèle, gonfle, et fait éclater le matériau de l’intérieur. Le cycle se répète des dizaines de fois par hiver, davantage encore en altitude où les écarts jour-nuit sont plus marqués. Tout ce qui maintient l’eau au contact de la tuile — mousse, stagnation, mauvaise ventilation — accentue ce phénomène.
La neige. Elle charge la structure pendant des semaines en altitude, bouche les entrées d’air en bas de pente et fait obstacle à l’évacuation. Puis, au premier redoux, elle glisse. Une plaque qui se détache emporte les chéneaux, tord les descentes et met en danger tout ce qui se trouve en dessous. C’est là que les arrêts-neige prennent tout leur sens.
Le vent. Le foehn qui remonte la vallée du Rhône ne pousse pas la toiture : il la tire vers le haut. Il cherche les rives mal fixées, les faîtières descellées, les bandes de rive clouées trop espacées, et fait vibrer les couvertures métalliques jusqu’à desserrer leurs vis. Chaque épisode marqué laisse des traces qu’il faut aller chercher.
L’humidité. Dans la plaine du Rhône, les brouillards et la proximité du lac entretiennent une humidité durable. Les versants nord ne sèchent pratiquement jamais, la mousse s’installe vite, et les ouvrages métalliques travaillent dans une atmosphère plus agressive qu’en altitude sèche.